Soudan du Sud : un nouveau pays face à des défis humanitaires majeurs
08-02-2012 Point sur les activités N° 12/01
Six mois après être devenu indépendant, le Soudan du Sud est toujours confronté à des défis humanitaires. Le CICR, qui travaille principalement dans les zones septentrionales instables frontalières du Soudan, veille à ce que les civils soient respectés et à ce que les blessés soient protégés et soignés. Il vient aussi en aide aux communautés touchées par le conflit.
Alors que le Soudan du Sud cherche à établir de nouvelles institutions, la violence et les conflits continuent de perturber la vie de bon nombre d’habitants du jeune pays. « Les communautés touchées par le conflit sont extrêmement vulnérables », précise Michela Telatin, qui dirige la délégation du CICR à Juba.
Suite à un différend sur le partage des revenus pétroliers, des tensions ont éclaté entre le Soudan et le Soudan du Sud. De plus, l'armée sud-soudanaise a été impliquée dans des affrontements avec des groupes armés opérant dans le nord du pays. Les combats en cours dans les États soudanais du Kordofan Sud et du Nil Bleu ont contraint les civils à fuir au Soudan du Sud, tandis que les affrontements dans la région d'Abyei antérieurs à la sécession ont obligé des milliers de personnes à fuir à travers la rivière Kiir. La violence a été particulièrement intense dans l'État du Jonglei en janvier, causant des déplacements massifs et faisant des centaines de victimes. De l'autre côté du pays, les communautés proches de la frontière avec la République démocratique du Congo et la République centrafricaine vivent toujours dans la crainte d’attaques de groupes armés.
Soins de santé
L’hôpital universitaire de Malakal, le seul grand hôpital pour les États du Soudan du Sud (Unité, Jonglei et Nil supérieur), dessert une vaste zone dans le nord du pays, en grande partie infestée de mines terrestres et totalement coupée du reste du pays durant la saison des pluies. Le CICR augmente la capacité de prise en charge chirurgicale de l'hôpital en construisant un nouveau bloc opératoire, en transformant les bâtiments existants et en modernisant le système d’approvisionnement en eau.
L'équipe médicale du CICR dispense des soins d'urgence aux civils et combattants blessés, ce qui peut signifier qu’elle doive se rendre sur les lieux des hostilités pour traiter les patients qui ne peuvent pas être évacués. Entre juillet et décembre 2011, l'équipe a opéré 350 blessés graves, dont 235 patients blessés par arme, à l'hôpital universitaire de Malakal. L'équipe assure aussi la formation du personnel hospitalier local afin d’améliorer les services de chirurgie et de pédiatrie.
Le CICR a fait don de matériel de pansement, de solutions intraveineuses, d’antibiotiques et d'autres secours pour traiter des patients blessés par arme à huit hôpitaux (dont Wau, Bentiu, Bor, Malakal et Juba), et à cinq structures de soins de santé primaires dans les États de l'Unité, du Nil Supérieur et du Jonglei.
Soutien aux handicapés physiques
Le principal centre de réadaptation physique à Juba a été ouvert par le CICR en 2009 pour dispenser des soins spécialisés aux personnes physiquement handicapées, et en particulier pour prodiguer des soins continus aux victimes de mines terrestres. Co-géré aujourd’hui par le ministère des Affaires sociales, de l'égalité des sexes et de la protection de l'enfance, le centre est le seul de ce type dans le pays. Le CICR finance la formation aux normes internationales des prothésistes/orthésistes et des physiothérapeutes sud-soudanais qui travaillent dans ce centre.
En 2011, le centre a admis quelque 1 500 patients, dont un peu plus d'un millier d’amputés. Il a appareillé 323 amputés, 91 d’entre eux ayant perdu un membre dans un accident impliquant des mines terrestres ou d’autres restes explosifs de guerre. Il a aussi fourni 142 orthèses, 95 fauteuils roulants et 626 béquilles et cannes. Des services de physiothérapie ont été dispensés à 728 patients.
Le CICR organise le transport afin de permettre aux patients d'atteindre le centre de Juba et il ouvrira prochainement des structures analogues à Malakal et Wau.
Maintien des liens familiaux
Les réfugiés continuent de revenir au Soudan du Sud en provenance des États soudanais du Nil Bleu et du Kordofan Sud. Pour beaucoup, ce n’est pas la première fois qu’ils fuient leur pays ; bon nombre ont passé des années dans des camps en Éthiopie avant de rentrer chez eux et se retrouvent une fois de plus sur la route. La priorité de ceux qui débarquent au camp Yida dans l’État de l’Unité et dans les camps de Doro et Jammam dans l’État du Nil Supérieur, consiste à rétablir le contact avec leurs proches dont ils ont été séparés par le conflit. Le CICR aide à maintenir les liens entre les familles dispersées en transmettant des messages Croix-Rouge ou en mettant à disposition des téléphones pour que les personnes puissent appeler chez elles.
Dans les zones du pays frontalières de la République démocratique du Congo et de la République centrafricaine, des groupes armés mènent des attaques sporadiques contre des civils et procèdent à des enlèvements, en particulier d’enfants. Le CICR aide les enfants ayant recouvert la liberté, souvent loin de chez eux, à reprendre contact avec leurs familles et à être réunis. Entre juillet et décembre 2011, le CICR a réuni 36 de ces enfants avec leurs familles au Soudan du Sud.
Soutien alimentaire et moyens de subsistance pour les communautés de personnes rapatriées et déplacées
Le CICR aide les personnes rentrant chez elles et ayant besoin de retrouver leur cadre, à redevenir autonomes. En prévision de la saison des pluies en 2011, le CICR a distribué à plus de 60 000 personnes des semences et des outils, ainsi que des rations alimentaires, pour assurer une récolte suffisante plus tard dans l'année. La plupart des bénéficiaires étaient originaires d'Equatoria occidental et rentraient chez elles après avoir fui l'activité des groupes armés dans la région.
En 2011, plus de 80 000 personnes vivant dans les zones de conflit ont reçu des kits de pêche et d’autres articles essentiels pour les aider à mettre en place des moyens de subsistance durables. Le CICR soutient également les familles nouvellement déplacées en leur distribuant des denrées alimentaires de base urgentes pour leur permettre de surmonter le traumatisme initial lié à l’abandon de leurs maisons et de leurs biens. Entre juillet et décembre 2011, plus de 14 000 personnes du Jonglei, du Nil Supérieur et du Bahr el-Ghazal occidental ont reçu ces rations.
Promotion de la santé animale
Entre juillet et décembre 2011, en coopération avec le ministère des Ressources animales et de la Pêche, le CICR a vacciné plus de 160 000 têtes de bétail dans l'État de Warrap qui appartenaient à des habitants et personnes déplacées de la région d'Abyei.
En outre, le CICR a dispensé à 35 travailleurs communautaires de santé animale une formation à la prévention et au traitement des maladies animales afin de promouvoir les meilleures pratiques au niveau communautaire. Il a aussi commencé une formation à la santé animale destinée aux éleveurs de Warrab.
Diffusion du droit international humanitaire
Au Soudan du Sud, le CICR organise régulièrement des séances d'information pour l'armée sud-soudanaise et des groupes armés dans les zones où il est présent, afin de leur rappeler l’obligation qui leur incombe de respecter les règles de base régissant les conflits armés. L'institution explique également ces règles aux communautés et aux groupes de la société civile et adresse des demandes confidentielles à des commandants, si nécessaire, en cas de non-respect de ces règles.
Informations complémentaires :
Ewan Watson, CICR Juba, tél. : +249 912 178 946
Jean-Yves Clémenzo, CICR Genève, tél. : +41 21 730 22 71 ou +41 79 217 32 17
-
Partager
|





