Sénégal: aide aux enfants perdus lors du magal de Touba
10-02-2012 Éclairage
Le magal de Touba est l'un des plus grands rassemblements religieux du Sénégal. Dans cette gigantesque cohue, certains enfants finissent par perdre leurs parents. Grâce à la Croix-Rouge sénégalaise et au CICR, présents sur place, plus de 150 enfants ont pu retrouver leurs proches.
Des millions de personnes se pressent à cet événement majeur du calendrier sénégalais, organisé par la confrérie des mourides en l'honneur de son guide fondateur, le Cheikh Ahmadou Bamba. Touba, où se tient cette 117e édition du grand magal, est situé à 190 km de Dakar, la capitale sénégalaise. Les pèlerins viennent de toutes les régions du Sénégal, d'autres pays d'Afrique mais aussi d'Europe et du continent américain (États-Unis, Canada). Comme à l'habitude, la foule est immense, près de trois millions de personnes, selon les sources officielles. Pour retrouver les enfants ou parents qui ont perdu un des leurs, il faut faire preuve de vigilance.
Deux grandes tentes ont été plantées près de la grande mosquée de Touba pour accueillir les enfants perdus. Des haut-parleurs crachent les noms des enfants égarés, à l'attention des pèlerins. Les chants religieux succèdent aux appels du muezzin, qui laisse sa place à la litanie des noms d'enfants perdus. La chaleur est torride. Sous la tente, les enfants sont assis à même le sol. Certains n'ont pas perdu le sourire et continuent de jouer, tandis que d’autres semblent en pleine détresse. Seul dans un coin, un petit appelle sa maman, en larmes.
Autour d'eux, les volontaires de la Croix-Rouge sénégalaise s'affairent. Une journée ordinaire pour ces préposés au rétablissement des liens familiaux (RLF). « Les enfants perdus qui connaissaient le numéro de téléphone de leurs parents peuvent appeler depuis les appareils portables mis à disposition par le CICR », explique Amadou Diop, collaborateur du CICR chargé d'assurer la coordination avec la Société nationale. « Les haut-parleurs nous sont d'une grande aide pour retrouver les enfants. »
Une collaboration fructueuse
Cette année, le CICR a intégré la Commission de prise en charge des enfants en situation difficile, qui regroupe plusieurs structures : le centre Ginddi, du ministère de la Famille, les services départementaux de l'Action sociale et du Développement communautaire, l’ONG RIDA (Réseau international pour le Développement et l'Aide aux familles démunies), le service de l'Action éducative en milieu ouvert (AEMO) de Diourbel, Bambey et Mbacké, le tribunal pour enfants de la région et enfin la Croix-Rouge sénégalaise.
Pour Mamadou Diop, porte-parole de la Commission, « le nombre d'enfants dans cette situation augmente d'année en année, ce qui demande un accroissement des ressources humaines, matérielles et financières ». Le renforcement du partenariat entre les différentes organisations a été payant, puisque 151 enfants égarés ont pu retrouver leur famille en l’espace de deux jours. « Nous avons acquis beaucoup d’expérience », explique Mame Cheikh Ndiaye, coordonnateur RLF de la Croix-Rouge sénégalaise.
Tout est bien qui finit bien
« Avez-vous trouvé mon enfant ? », lance avec inquiétude une femme provenant de la localité de Ngaye Mekhe. Les volontaires lui demandent de remplir une déclaration. Ndeye Siby, qui a fait le voyage depuis la localité de Pout, a eu plus de chance : « J'ai perdu ma fille hier. Je n'ai pas dormi de la nuit. Merci pour votre travail ». Plus loin, le visage d’un enfant s’illumine : il vient d’apercevoir son grand-père, qui a fait son entrée dans la tente des volontaires.
Les moments de retrouvailles sont autant de moments de joie. Une femme d'âge mûr qui vient de retrouver son fils tient à faire une prière fervente. Elle demande aux volontaires de se rapprocher et de tendre les mains. Le moment est solennel.
Plus de 300 enfants secourus
Le magal touche à sa fin, et les parents se succèdent sous les tentes avec plus ou moins de bonheur. Plus de 150 enfants ont été réunis avec leur famille ; le travail de RLF a donc porté ses fruits.
L’opération, qui a permis de porter secours et assistance à plus de 300 enfants au total, a bénéficié du soutien financier et technique du CICR et de la Commission sociale du magal. A la fin de l'opération les enfants dont les parents n'ont pu être retrouvés sont acheminés vers le lieu d'hébergement Keur Méoudou Diakhaté, dans les locaux de l'ancienne communauté rurale. « Grâce au téléphone portable mis à leur disposition, les adultes égarés ont également bénéficié de ce service destiné aux enfants », explique Amadou Diop. « On procèdera de la même façon au Gamou de Tivaouane et durant le pèlerinage marial de Popenguine ».
À bientôt pour le prochain magal !
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